Bref historique de la photographie

Portrait de Daguerre Mayall
Louis-Jacques Mandé Daguerre un daguerréotype et l’invention

La photographie a vu le jour grâce à la géniale invention de Monsieur Louis-Jacques Mandé Daguerre (1787-1851), qui divulgua le premier procédé photographique qu’il était parvenu à mettre au point en tirant parti des recherches de son associé, Nicéphore Niépce.

Appelé « daguerréotype » ce procédé consistait à fixer l’image positive obtenue dans la camera oscura sur une plaque de cuivre enduite d’une émulsion d’argent et développée aux vapeurs d’iode. Cela a permis d’obtenir pour la première fois une reproduction directe et précise de la réalité.

Cette formidable invention fut saluée par la communauté scientifique.

L’état français acheta le brevet et le mis dans le domaine public.

Les multiples usages du daguerréotype

D’abord cantonné au domaine de la nature morte, en raison de la longueur des temps de pose, le daguerréotype reçut de nombreuses améliorations dès les années 1840 : tandis que la stabilité de l’image et la sensibilité de la plaque étaient renforcées, la durée de la pose diminua considérablement, passant d’une quinzaine de minutes par temps clair en 1839 à environ une minute. Désormais, les portraits au daguerréotype devinrent possibles, entraînant la multiplication des ateliers spécialisés dans ce type de prises de vue à Paris. Plusieurs d’entre eux se distinguèrent tout particulièrement : citons celui des frères Bisson, qui accompagnèrent les débuts de la daguerréotypie, réalisant des portraits en quelques secondes dès 1841. Leur atelier parisien vit défiler de nombreuses célébrités, parmi lesquelles Honoré de Balzac, dont le portrait, exécuté en mai 1842, peut être attribué à Louis-Auguste Bisson (1814-1876). Cette photographie est célèbre à double titre, car il s’agit du seul portrait photographique authentifié de l’écrivain et de la plus ancienne épreuve précisément datée de l’atelier Bisson. Ce portrait, qui se démarque nettement de la production stéréotypée de l’époque, représente le modèle dans une pose non conventionnelle, en buste, une main posée à hauteur du cœur sur la chemise largement ouverte, la tête légèrement de biais. Le fait que Balzac ne regarde pas l’objectif traduit sa défiance vis-à-vis du nouveau procédé – il lui prêtait un caractère magique et redoutait qu’il le prive de son enveloppe charnelle.

Le daguerréotype était également employé à d’autres fins, en particulier pour les prises de vue en extérieur. De nombreux amateurs-voyageurs se sont ainsi lancés dans l’aventure, parmi lesquels Joseph-Philibert Girault de Prangey et, surtout, le baron Louis Gros (1793-1870). Peintre et diplomate de profession, ce dernier pratiqua la daguerréotypie à l’occasion de ses déplacements à l’étranger, car il voyait dans le nouveau procédé l’occasion d’une reproduction « mathématique » de la réalité. Ses vues se distinguent par leur maîtrise technique, leur composition équilibrée et leur exceptionnelle luminosité, comme celle des Pont et bateaux sur la Tamise, prise lors de l’Exposition universelle de 1851 à Londres, où les reflets de l’eau et les nuances du ciel sont admirablement traduits grâce au miroitement de la plaque daguerrienne.

Le daguerréotype, miroir de la nature

Ces deux exemples de photographie au daguerréotype montrent que l’invention suscita un véritable engouement au sein d’un public cultivé d’intellectuels et d’artistes attirés par ses multiples possibilités d’enregistrement du réel. Se substituant à la gravure, le daguerréotype offrait par sa fidélité inconditionnelle à la réalité une nouvelle manière de voir le monde, plus exacte et exempte de tout remaniement. Grâce à la technique du cadrage, il permettait par ailleurs de faire ressortir certains détails ou, au contraire, de replacer les objets dans leur environnement, comme dans le cas des vues urbaines. S’attaquant à un vaste répertoire de sujets, les daguerréotypistes ont ainsi ouvert la voie à un nouveau genre de photographie dite documentaire, appelé à un grand avenir. Cependant, le succès du daguerréotype fut éphémère : dès sa naissance, de nombreuses critiques furent formulées à son encontre, qui visaient en particulier la lenteur des prises de vue, l’aspect statique des modèles et le miroitement de la plaque. De plus, le matériel photographique, lourd et encombrant, se révélait peu adapté à des prises de vue en extérieur. Ces défauts expliquent pourquoi le daguerréotype connut, dès les années 1850, une désaffection au profit de nouveaux procédés négatifs permettant d’obtenir une image reproductible, instantanée et fine.

Source: Histoire image

Publicités